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mardi 13 mai 2014

Le jour où j'ai mis mon congélateur en vente sur Leboncoin.fr

Waouw. Cinq ans et demi que je n'avais pas pris la plume le clavier pour rédiger un billet d'humeur digne de ce nom. D'un coup, là, je me sens vieille. Mais qu'importe. Si je suis revenue, c'est parce qu'il m'est enfin arrivé une aventure suffisamment insignifiante pour être digne d'être relatée entre ces murs. Et ça, c'est bon !

L'ébauche de cet article m'est apparue le jour où j'ai mis mon congélateur en vente sur Leboncoin.fr. Ce n'est pas la première fois que je vends des bricoles par ce biais. J'ai déjà fait des flops, contré des arnaques ou même eu des transactions tout-ce-qu'il-y-a-de-plus-normal, mais jamais rien vécu de tel. J'ai pensé à tous ces bouquins qui sortent et qui compilent les anecdotes les plus pourries qui vous soient arrivées, les perles des fonctionnaires, les paroles historiques des patients à leur médecin ou les mots d'excuse des parents aux enseignants. On voit régulièrement passer aussi des compilations d'annonces prises sur le Bon Coin, déroutantes d'absurdité ou à l'orthographe saisissante. Mais est-ce que quelqu'un a déjà pensé à garder trace des échanges que l'on peut avoir APRÈS la mise en ligne de l'annonce ? Je pense qu'il y a moyen de trouver quelques pépites...

Ce qui est avant tout frappant, c'est de constater que la politesse d'usage est désormais abolie. Moins d'un mail sur deux commence par un "bonjour", quelques uns finissent par un "cdlt" (dont je me demande encore si les auteurs savent réellement ce qu'il signifie), aucun n'est signé. La classe. Tout de suite, ça donne envie d'être aimable et de répondre poliment.

Mais Leboncoin.fr n'a pas aboli QUE la politesse. L'orthographe y est passé avec. Et l'expression au sens large. Heureusement, grâce à mon métier, j'ai un peu d'entraînement, et je sais que la lecture à haute voix de certains messages peut aider à mieux cerner l'idée du contenu. Mais ouch, ça pique les yeux quand même (et puis, quelque part, ça me rend triste parce que je me demande comment on peut en arriver à un tel niveau de syntaxe/grammaire/orthographe après tant d'années d'école obligatoire... mais ça, c'est un autre débat).

Non, le plus drôle, ça reste quand même le contenu. J'ai eu droit à la version :
- mignonne : "Quel est l'âge du congélateur ?" Ooooh, ben, il vient de fêter ses 8 ans, dis ; on lui a même offert un gâteau... de chez Picard, évidemment !
- sexy : "Quelles sont les mensurations de votre congélateur ?" ^^ Hummm... 90-60-90. Ah non en fait. 60-62,5-160.
- hors sujet : "Vous avez un numéro de tel ?" Hey baby, j'aime bien ton congélo, tu me files ton 06 ? Ouais ouais ouais... (ok, j’interprète, et en plus, j'ai l'esprit mal placé, mais reconnaissez que c'est déroutant quand on reçoit un mail sans bonjour ni au revoir, sans RIEN qui fasse référence à l'annonce proposée et que le message soit constitué de cette unique question... Non, vous ne trouvez pas ? Bon, ben c'est juste parce que j'étais déjà bien décidée à écrire un article sur mon blog et que je me suis dit, celle-là, je la garde aussi !).
- stressée : "Nous sommes un peu inquiets du fait qu'il a déjà 8 ans. Le fait qu'il n'a pas, ou peu servi, depuis trois ans est une bonne chose et en même temps va-t-il bien re-fonctionner après une telle durée d'inactivité ? Mon mari doit justement venir par chez vous pour un rendez-vous mardi prochain à 17h. Serait-il possible de venir pour voir le congélateur ? Si oui, pourriez-vous le mettre en marche (avec un produit à congeler) pour que nous puissions voir qu'il fonctionne bien." Mais, mais... vous comptez rester pendant tout le temps de la congélation pour vous assurer que ça fonctionne ???
- marathon : "Merci de me répondre le plus rapidement possible." Yeah, je suis dans les starting blocks. (N'empêche, celui-là n'a jamais redonné signe de vie, ça valait bien la peine que je me dépêche, tiens !)
- précise : "Pouvez-vous me donner les dimensions exactes parce que je dois l'encastrer dans le mur ?" Là, je m'arrête 2 minutes, parce que celui-ci m'a valu un fou rire énorme le soir alors que je couchais Elliott (oui, il m'en faut peu, je sais !). Nous avions plusieurs annonces sur Leboncoin, dont notamment une pour la voiture. Et en moi-même, j'ai pensé "heureusement que le site Leboncoin.fr précise en objet du mail le titre de l'annonce, sinon une confusion aurait pu être terrible !"

Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin. Celui qui, je pense, ne sait pas quoi faire de ses dimanches après-midi (depuis que le FAI Alice n'existe plus ---> cf cet article-là) et se dit, "tiens, si j'allais sur Leboncoin.fr pour répondre à quelques annonces, histoire de passer le temps ?"
Pour comprendre l'enjeu du débat, je me vois dans l'obligation de vous exposer quelques faits : mon congélateur, s'il était effectivement âgé de 8 ans, ne tournait plus depuis belle lurette, pour la simple raison que, bien trop grand pour l'usage qu'on aurait pu en faire, nous avions décidé de le débrancher. (Et évidemment, avant de le mettre en vente, j'avais pris la précaution de vérifier qu'il fonctionnait toujours...). Quoi qu'il en soit, l'intérieur était comme au premier jour (d'ailleurs, les deux pains de glace scotchés au fond du tiroir du bas l'étaient toujours...) et nous avions réussi à dépoussiérer l'extérieur en sorte qu'on l'aurait dit tout droit sorti du magasin. A l'époque, il m'avait coûté un bras, donc je trouvais juste et honnête de le proposer à 250€. J'estime qu'une négociation est toujours possible lorsqu'on constate un défaut, une rayure, une tâche ou que sais-je encore. Là, sincèrement, il était impeccable, et je mettais n'importe qui au défi de vouloir me montrer que, si, il y avait une bonne raison de faire baisser le prix de quelques dizaines d'euros.
Bref. J'en étais à ce stade de raisonnement lorsque je reçois le mail suivant :
"Bonjour,
Êtes-vous intéressé à 200€ ?
cdlt"
(notez bien que ce n'est pas signé - et envoyé via une adresse hotmail avec pseudo à la c**) MAIS les rudiments de politesse ET d'orthographe sont là (sur l'annonce, ça ne se voit pas que c'est une femme qui pilote la revente de son congélateur, donc il ne pouvait pas deviner que je serais intéresséE...).
Là, j'avoue, j'ai eu envie de lui répondre plein de choses différentes. Mais j'ai pris sur moi (après tout, je voulais VRAIMENT le vendre, mon congélo, donc je ne voulais pas rembarrer un client potentiel).
Bref, j'ai eu envie de lui répondre :
- Non, et vous ?
- Et vous ? Vous êtes intéressé ?
- Imaginez maintenant que ce n'est pas 250 mais 300€ sur l'annonce. Vous m'auriez écrit pour me le proposer à 250€, donc on serait d'accord ?
Et plein d'autres choses que j'ai oubliées depuis.
Et finalement, je lui ai répondu : "Peut-être serait-il opportun de venir voir le congélateur avant d'en négocier le prix ?" (avec tout ce qu'il faut de formules de politesse, signature et orthographe)
Ce à quoi, je reçois comme réponse :
"Re
Je suis de Saint-Malo c'est la raison pour laquelle je me permettais de vous proposer 200 euros sans le voir.
Cdlt."
Rires. Il faudra qu'on m'explique en quoi le fait d'être de Saint-Malo t'autorise plus qu'un autre à négocier le prix d'un truc que tu n'as pas vu. La relation de cause à effet m'échappe. Il m'aurait dit, "je suis de Saint-Malo, je n'ai pas envie de faire de la route pour rien, je voudrais m'assurer que votre congélateur est aussi bien que vous le dites avant de me déplacer", ok. Une ristourne de 50€ pour payer le plein depuis Saint-Malo : Môssieur vient en jet privé ou quoi ?!
Bref, vous l'aurez compris, mon congélateur n'est pas devenu malouin, mais il a trouvé un nouveau propriétaire qui en avait réellement besoin et qui était ravi de son état !

Et moi, je me suis payé une belle tranche de rire, et je me demande ce que je vais maintenant pouvoir mettre en vente sur Leboncoin.fr pour me marrer encore un peu.



jeudi 27 octobre 2011

Authentique

Lu dans le cahier du jour d'Ilona, 8 ans 1/2, en classe de CE2 :
(Nota : il s'agit d'un travail sur le dictionnaire.)


"Ex. 6 p. 35
alchimique - allocataire
marihuana* - marxiste
tisserand - tondeur"


* qui n'est d'ailleurs pas l'orthographe française communément admise


Quelques questions que cela suscite chez moi :
- la maîtresse a-t-elle expliqué ces mots ? (la réponse est non)
- comment la maîtresse aurait-elle réagi si un élève effronté avait demandé "ça veut dire quoi, marxiste ?"
- quel est l'intérêt de manipuler des mots que l'on ne comprend pas ?
- est-ce que le concepteur du manuel a conscience de l'absurdité de son choix de mots ou, à défaut, l'a-t-il fait en toute connaissance de cause - et mort de rire rien qu'à imaginer la tête des parents le soir ?

lundi 23 novembre 2009

Je suis venue vous dire que je m'en vais...




... ou plutôt, que Much Ado rentre officiellement en phase d'hibernation... pour une durée indéterminée. S'il vous reste une petite place dans votre lecteur de flux, vous pouvez toujours m'y garder, je suis cap' de refaire des apparitions sporadiques !

En tout cas, merci à vous toutes et tous qui posez fidèlement un regard bienveillant sur mes clichés d'amatrice balbutiante et souriez aux sornettes que je peux raconter entre ces murs. Vos commentaires sont toujours reçus et lus avec plaisir, à tel point que certains d'entre vous sont pour moi comme de vieux amis.

Et Michel, puisque tu en parles : non, je n'effacerai aucune ligne de ce blog, qui aura été à la fois le miroir, le témoin et le lieu-même d'une rencontre qui a changé ma vie. Much ado about (almost) nothing, c'est donc le début d'une histoire, dont je ne vais pas tourner la page. J'ouvre juste une parenthèse.

Don't forget : je ne suis pas morte, je suis ailleurs ! (à tous les sens du terme, dont là).

samedi 5 septembre 2009

On attend toujours...

Si vous voulez me faire plaisir, allez voir cette photo chez BZH Matth... (ben oui, on s'occupe comme on peut, en attendant l'arrivée du Petit Bonhomme !). Vous pourrez nous dire ce que vous en pensez (moi, j'adore !!).

lundi 24 août 2009

Qu'on se le dise...

Désertion totale (mais non définitive ?) de la Toile - entre déménagement, préparatifs en attendant bébé, rentrée au CP et autres événements familiaux non négligeables, certaines activités sont restées au placard... tout comme l'ordinateur d'ailleurs !
Cela étant, il me fallait ABSOLUMENT rectifier un petit détail pour que vos connaissances soient à jour : souvenez-vous de cette photo. Et bien, considérez désormais celle-ci !!


Apparemment, tout ne se voit pas forcément à la deuxième écho !...

jeudi 26 mars 2009

C'était il y a un an...

365 jours plus tôt, je croisais le regard d'un jeune loup, du Canada, soi-disant - mais surtout de la réserve du Gévaudan.

Et voilà comment d'un regard qui se pose, on obtient deux regards qui se croisent, se cherchent... et se trouvent.

Je me croyais revenue de tout, j'ignorais alors que quelques mois plus tard, je reviendrais du Sud avec, dans mes bagages, un joyau inestimable.


365 jours plus tard, je regarde avec amusement un cliché qui devait se passer de commentaires, et avec tendresse les yeux de mon jeune loup.

En 365 jours, on en a parcouru, du chemin - surtout Lui, avec ses allers-retours quotidiens vers la capitale. Et vous qui êtes passés par ici durant ces 365 derniers jours, vous avez été les témoins plus ou moins conscients de cette belle histoire... qui ne fait que commencer !


***

Ce billet, tout comme celui d'hier, n'est pas une excuse pour mon absence prolongée loin des blogs (du mien et des vôtres). Il n'est pas non plus la promesse d'un retour régulier vers cet univers qui m'échappe aussi vite que le temps passe sans que je puisse le retenir...

mercredi 11 février 2009

Lettre à Wini

Chère Wini,

Est-ce le sort qui s'acharne sur moi, ou tout simplement toi ? J'avais pourtant juré qu'on ne m'y reprendrait pas ! Enfin… Je dois bien admettre que ce blog, supposé faire beaucoup de bruit pour rien, ne fait plus de bruit du tout depuis un joli moment. Et que pour me sortir de là, j'avais besoin d'un sujet bien creux, bien vide et totalement inintéressant, mais qui me donnerait l'occasion de parler pour ne rien dire. Et voilà que tu me le sers sur un plateau d'argent : je suis obligée d'avouer que ton tag tombe à point nommé et va me permettre de me montrer sous mon meilleur jour en faisant (à mon tour) l'étalage de mon inculture dans des domaines aussi prestigieux que le cinéma, la littérature, la géographie, les mathématiques, la nourriture et les boissons. Sacré programme : tu ne vas pas être déçue.

Inculture cinématographique, donc : vaste. Très vaste. Trèèèèèès très vaste. La dernière fois que je suis allée au cinéma, c'était pour voir Volt. La fois d'avant, pour Madagascar 2. Et la fois d'encore avant… j'ai du arriver trop tard et le ciné était fermé.
Tu me diras, la télé est là pour pallier à ce radinisme patenté doublé d'un cruel manque de temps. Oui. Sauf que chez moi, la télé est bloquée sur France 5 et ne fonctionne qu'à l'heure des Zouzous (je précise toutefois, et des fois que ce soit nécessaire, que ce n'est pas moi qui la regarde…). Bon, autant dire que je suis une bille dans ce domaine.

Littérature, maintenant : ben si j'avais lu tous les livres que j'ai dans mes bibliothèques, je pourrais snober cette partie du tag. Sauf que j'ai plein de bouquins qui sont là pour décorer les étagères et/ou pour me rappeler que j'ai fait des études supérieures littéraires, et que c'est de la littérature de poids que j'ai étudiée (je m'en souviens surtout quand je déménage, ce qui m'arrive assez fréquemment ces derniers temps, et que je dois porter les cartons de bouquins…).

Ensuite… géographie… Pas plus tard que ce matin, je suis allée chercher, après lecture de ce billet de Bernie, le Luxembourg sur la grande carte de France plastifiée qu'on a collée sur le mur de la cuisine… J'avais bien une vague idée d'où le trouver, mais c'est là tout mon art : mes connaissances géographiques ont toujours été très approximatives. Je situe à peu près les pays sur leur continent, mais après faut pas trop m'en demander non plus.

En maths, c'est pas mal non plus. Pourtant, j'ai fait chauffer les soupapes en décrochant un bac scientifique. Mais c'était il y a looooongtemps, et depuis, quand je mets une note sur 30 à mes élèves, je suis obligée d'utiliser une calculatrice pour leur remettre sur 20 (sauf quand ils ont 15, faudrait pas pousser non plus !).

En nourriture, j'ai moins de lacunes. Sauf en tripes, cœur de bœuf et pieds de porc. Par contre, je tuerais pour du (bon) foie gras de canard (origines, quand vous nous tenez…).

Et en boissons, en blindtest, je distingue eau minérale, eau de source et eau du robinet, et je peux même te dire si c'est puisé à Volvic ou à Contrexéville. Par contre, je sais pas faire pour le vin, ni la bière, et encore moins le whisky.

Voilà, tu sais tout. J'espère qu'avec tout ça, je t'aurai évité l'intégrale de Florent Pagny. Cela dit, ce n'est pas le genre de tag qui va redorer mon blason, c'est moi qui te le dis ! (Remarque par ailleurs que je n'aurais pas brillé davantage si j'avais du mesurer mes connaissances en histoire, en astronomie, en musique ou en sport…) Par contre, je ne peux taguer personne, parce que tu comprends, je ne fréquente que des gens très cultivés et très intelligents, histoire d'avoir l'air moins bête. Alors, à moins qu'ils se prêtent au jeu d'eux-mêmes (n'est-ce pas BZH Matth, hein Kitsie, et les autres, hein, hein ?), mais moi je ne force personne !

Bien à toi,

DdM

jeudi 29 janvier 2009

Néant

Rassurez-vous, j'y suis aussi...

Autant dire qu'en ce moment, quand on débarque chez moi, on se retrouve au milieu de nulle part...

J'étais tentée de vous expliquer tout ça en vous livrant tel quel un dialogue de neurones - mais pour dialoguer, il faut être au moins deux. Disons alors que mon absence est mathématique : j'ai besoin de mes 8 heures de sommeil en ce moment, or je me lève à 6h, et j'ai à peine assez des 16 restantes pour remplir mes fonctions de mère, prof et ménagère.
La fonction blog a été désactivée. Mais je vais tâcher de m'y remettre ! Planquez-vous, je reviens sur vos blogs avec mes commentaires fins et spirituels, recherchés et originaux. Hum...

vendredi 14 novembre 2008

Si tu ne sais pas quoi faire de tes dimanches, prends un abonnement chez Alice.

Naaaan, ce n'est pas une proposition indécente. (Encore que.) Ni un proverbe chinois. Par contre, c'est une vraie suggestion qui m'est venue le week-end dernier.

Alice – faut-il la présenter ? – c'est la blonde qui se prend souvent les pieds dans les fils (faut dire qu'avec les seins qu'elle a, elle ne doit pas pouvoir voir plus loin que le bout de son nez…). C'est aussi, accessoirement, mon FAI (bah oui, nul n'est parfait, que voulez-vous).

Bref, par un bel pluvieux après-midi d'un samedi où mes filles n'étaient pas à la maison, nous (ne vous avais-je pas dit que depuis un mois un peu plus que pile, je suis deux, même les week-ends où je n'ai pas mes filles ?), bref… nous nous sommes dit : et si on rétablissait le Wi Fi, histoire de ne plus avoir à prendre de ticket pour savoir qui va pouvoir utiliser Internet (problème qui ne se posait pas, c'est vrai, du temps où j'étais un(e)… mais de là à me faire préférer mon célibat… faudrait pas trop exagérer non plus).

Ainsi donc, on pensait en avoir pour 5 minutes tout au plus… et ça nous a occupé un week-end. (Pour pas un rond, en plus… qui a dit que ce n'était pas rentable ?!!)

Etape n° 1 : faire un reset de la box. (done)
Etape n° 2 : relancer la bête. (pas encore par la fenêtre, mais ça pourrait venir) (done)
Etape n° 3 : mesurer l'ampleur des dégâts (oooops)
Alicebox tu reseteras, ta risette tu perdras (proverbe – presque – chinois, lui) et tes voyants clignoter tu verras.
Etape n° 4 : partir se coucher en repoussant sans vergogne le problème au lendemain. Parce que le dimanche, aussi pluvieux que le samedi, tu crains de ne pas savoir quoi faire après avoir accompli les tâches figurant su ta to-do list de 15 kilomètres de long ; donc tu t'endors serein(e) en sachant que, privé(e) d'Internet et de téléphone, tu sauras comment t'occuper au saut du lit.

Dimanche matin donc, les yeux encore collés et une tasse de café greffée au bout de la main, tu saisis ton plus beau téléphone et composes les yeux fermés le numéro de la hotline. (Et oui, méfiante tu étais, méfiante tu resteras, et l'offre dégroupée tu ne pris pas, histoire de pouvoir utiliser France teleconne sans avoir à emprunter la ligne de tes voisins.)
Tu te félicites au passage d'avoir une hotline gratuite et joignable 7 jours sur 7, 24h sur 24. Même si, au fond, tu feins à peine d'ignorer que tout a un coût et que, de fait, ce qui est gratuit… enfin bref.

Digression : je ne sais pas si vous aviez remarqué, mais pendant longtemps, Alice a eu ce tube (clic pour l'écouter) en guise de musique-qui-te-tape-sur-le-système-au-bout-de-la-troisième-fois-que-tu-l'entends-et-que-tu-n'as-toujours-pas-eu-de-technicien. N'empêche, elle m'a longtemps fait marrer, cette chanson, parce que quand tu appelles ta hotline, bien énervé(e), et que tu entends l'autre chanter "But I said no, no, no, no-no-no / I said no, no, you're not the one for me", tu te dis, "tiens, il serait peut-être bien temps de changer de FAI"… Ce petit aparté mis à part, je peux poursuivre.

Donc, j'appelle. Et suis ravie d'apprendre que mon temps d'attente est inférieur à 30 minutes, ce qui me laisse encore la possibilité de finir mon petit dej et d'aller me brosser les dents.

Et finalement :

- Alice bonjour, que puis-je faire pour vous ? (là, tu noteras que, autant de fois tu appelleras, autant d'accents différents tu entendras, au point que tu es à deux doigts de faire une thèse ayant pour thème "Alice et la délocalisation de ses hotliners histoire de contenter le client français insomniaque qui voudrait bien retrouver sa connexion, même les dimanches matin").
A cette question, tu réponds bêtement que tu n'as plus Internet et que tu voudrais bien que cette situation ne perdure pas.
- Pouvez-vous me donner votre nom et votre numéro de téléphone pour que je puisse accéder à votre dossier ?
Avec le temps (et l'expérience), tu sais EXACTEMENT ce qu'on attend de toi. Tu sais, par exemple, que cette question a l'art de t'énerver, car la voix automatique du début qui t'a demandé de taper 1 si tu n'étais pas client et 2 si t'étais un pigeon, elle te l'a DEJA posée avant tes 29 minutes cinquante d'attente. Mais bon, tu es encore disposé(e) à répondre poliment, donc tu épèles gentiment ton nom et donnes ton numéro de téléphone à vitesse réduite.

- Patientez quelques instants, j'accède à votre dossier. (…) Vous êtes bien madame TRUC Mumuche ?
- Mouais.
- Pouvez-vous me confirmer votre adresse et votre numéro de portable, madame Truc ?

Là, tu rigoles. Avec un nom de rue à coucher dehors, ton adresse, personne ne la comprend. Mais bon, c'est comme si ça faisait partie du rituel d'appel de la hotline. Tu en profites pour te demander ce qu'ils te feraient confirmer si tu n'avais pas de portable.

Dossier atteint, le gars reprend, totalement impassible et imperturbable :
- Vous avez donc souscrit l'offre Alice ADSL non dégroupée et vous disposez du modem Triway qui est noir avec une ligne rouge, c'est bien ça madame Truc ?
En effet, oh oh oh, comme c'est très impressionnant ! (Cela dit, parfois, ils se plantent et tu apprends qu'Alice a sorti des boxes qui ne sont pas des Triway et qui sont blanches avec une bande jaune, par exemple, et tu comprends alors que c'est pas tout à fait un humain celui qui est à l'autre bout du fil, car tu as beau vouloir le reprendre, il te redit exactement la même chose, à la virgule près…).

Vient alors la question qui tue : on te redemande pourquoi tu appelles. Tu l'as dit deux minutes plus tôt, mais comme il n'avait pas encore accès à ton dossier, il ne pouvait pas t'écouter. Alors tu recommences.
…
- Et vous n'avez plus Internet ?
- Bah non, sinon je crois que j'occuperais autrement mon dimanche matin.
- Et vous n'avez plus le téléphone non plus ?
- Effectivement.
- Pourtant vous nous appelez d'une ligne de téléphone fixe, madame Truc… Alors comment faites-vous pour nous appeler d'une ligne de téléphone fixe, madame Truc ?
Hé, ho, tu bosses pour Alice ou pour les RG ?! Faudrait pas trop déconner non plus. Et puis le problème il n'est pas là, il est que j'ai plus internet et que ça commence à me courir sur le haricot c't'histoire.

- Ne quittez pas, Madame Truc, je vais faire quelques petites vérifications.
Et là, le mec, il te plante dix minutes. T'as eu le temps de te faire les ongles et le ravalement de façade, et tu entends :
- Madame Truc, vous êtes toujours là ?
- Oui oui !
- Et bien ne quittez pas, Madame Truc, je fais encore quelques petites vérifications.
Et il se re-barre. Moi, je suis sûre qu'il est parti prendre un café ou fumer sa clope. En plus, il n'est jamais revenu, et au bout de cinq minutes, ça a coupé.

Donc là, ni une ni deux, je recompose le numéro et rebelotte.
Mais là, surprise, tu dois recommencer TOUTE la procédure depuis le début. Tu sens que tu commences à t'échauffer un peu, et donc tu annonces tout de suite la couleur, que tu étais en communication avec un technicien et que la communication a été coupée (pour une raison que tu ignores, même si tu soupçonnes bigrement le mec d'avoir appuyé volontairement sur le bouton qui lui permettait de raccrocher).
Mais c'est peine perdue, tu ne retrouveras pas ton premier correspondant, tu devras repasser toutes les épreuves du niveau avant d'affronter le boss. Le boss, c'est celui qui se la joue technicien mais est exclusivement payé à te faire vérifier tes branchements (non sans t'avoir demandé au préalable ton nom, ton numéro de téléphone, confirmation de l'adresse et du numéro de portable, et réponse à pourquoi tu appelles). Il a tout plein de questions pièges destinées à te faire couper la communication pour rappeler plus tard.

Sauf que tu es maligne comme un singe (et surtout, tu t'es déjà fait avoir par le passé, tu es armée maintenant).

Exemple : à la question "possédez-vous plusieurs prises téléphoniques murales ?", je réponds NON. C'est faux, mais c'est pas grave. Parce que si tu dis oui, la question suivante est "avez-vous un filtre ADSL sur l'autre prise ?" Et là, soit tu dis non (auquel cas ils te disent d'en mettre un, de réessayer et de rappeler si ça ne marche pas), soit tu dis oui et là, ils te disent de l'enlever, de réessayer et de rappeler si ça ne marche pas. Dans les deux cas, ça ne change rien, donc ça ne marche pas mieux, et tu es obligé de tout recommencer depuis le début.

Autre exemple : utilisez-vous une rallonge ? Là encore, toujours répondre NON ! Je pars du principe que, puisque ça marchait la veille et l'avant-veille avec cette installation, il n'y a aucune raison pour que ça ne marche plus comme ça. Là encore, si tu réponds oui, ils te disent de l'enlever et de brancher ton modem sans rallonge, manipulation qui nécessite donc une interruption de communication.

Idem pour tous les appareils à la con (micro-ondes, téléphone portable, alarmes et que sais-je encore) : c'est NON. J'ai RIEN dans mon appart ; c'est le désert de Gobi, ça résonne tellement que c'est vide et il y a juste une prise téléphonique et un pc, que je voudrais bien revoir connecté à Internet.


Au bout d'un moment, ils sont obligés d'admettre que le problème, il vient d'ailleurs. Et du coup, ils te dirigent vers un autre service, auquel tu devras à nouveau décliner ton nom, ton adresse, ton numéro de téléphone et tutti quanti. Mais n'empêche, tu peux ENFIN entrer dans la troisième dimension. Celle de la nana qui n'arrive déjà pas à comprendre ton nom (de 4 lettres) même après lui avoir épelé trois fois. Qui, quand tu lui dis que ton numéro de tel, c'est zéro deux, quatre-vingt-dix-neuf, soixante-quatorze, trente, trente-deux, elle te répète zéro neuf, soixante, trente-huit, dix-sept vingt. (Bon, ce n'est pas si grave, elle n'a que les neufs derniers numéros de faux.)
Celle-là, tu ne sais pas pourquoi, mais tu te dis qu'elle va quand même avoir vachement du mal à comprendre de quoi il est question quand tu devras lui raconter le pourquoi tu appelles. Et là, tu te fais de gros soucis pour la suite. D'ailleurs, tu ne t'entends déjà plus vraiment, et tu es sur le point de sortir de tes gonds tellement qu'elle t'énerve à te poser des questions à la con auxquelles tu viens déjà de répondre trois fois et pour lesquelles, de toute façon, elle ne comprend pas tes réponses. A tel point que tu raccroches et capitules.

Et là, il est midi moins le quart, tu n'as toujours pas Internet alors que tu y es depuis 7h du mat, et tu te dis que tiens, l'avantage d'être deux, c'est que tu peux passer le relais. Au point qu'il m'est venu une idée pour le prochain dimanche où je recevrai du monde : lancer le jeu "le premier qui perd son calme a perdu". Tu laisses à tes invités le numéro de la hotline, ton nom, ton numéro de tel, ton adresse, ton numéro de portable, une brève description du problème et quelques conseils pour déjouer les pièges, et tu vois qui craque et au bout de combien de temps. Pour peu que tes invités t'aient vu faire sur le créneau 7-12, ils pourraient te pulvériser des records.

vendredi 31 octobre 2008

Vous raconter des histoires

Alors que je refaisais ma bannière hier, et que, de par le fait, j'en relisais le contenu, je m'aperçus qu'il y était question de mots. Et de penser alors que le visiteur de passage ou récemment débarqué devait se demander où diable se cachent les mots. Et que l'habitué ou le fidèle s'inquiétait sûrement de savoir si une moitié de mon cerveau n'était pas tout simplement HS, tant il faut remonter dans les archives pour y croiser quelques lignes (et pas des plus glorieuses !).

En ce lieu où je me réserve le droit de faire beaucoup de bruit pour rien, un tel silence règne depuis si longtemps que je me devais de réagir. J'avais bien une "Vie De Prof" en réserve, mais vous la servir en plein milieu des vacances scolaires aurait fait un peu plat réchauffé pendant que la cuisinière est en grève.

Je me suis donc replongée dans mes brouillons, résolue à vous livrer, sur un plateau d'argent (ou presque), le non-récit de mes péripéties londoniennes.

Ca commençait ainsi :

Ami lecteur qui t'étais amusé de mes (mes)aventures lors de mon dernier déménagement, qui t'étais délecté de ma lutte acharnée contre les prises 32 ampères, qui avais savouré mes démêlées francetélécomesques, qui t'étais fait le témoin de quelques unes de mes prouesses, je te soupçonne d'avoir attendu jusque là le récit de mon épopée londonienne, pensant y trouver quelque anecdote croustillante.
Je te comprends. Les grands moments de mon existence ont toujours trouvé un écho en ces murs bloguesques, depuis l'achat d'une paire de chaussures quasi dépareillées à la cadette de mes filles jusqu'à mes problèmes de stationnement en côte bretonne.

(Tous ces liens vers d'anciens billets sont ni plus ni moins destinés à vous montrer que si si, de temps en temps, je tiens mes engagements de bannière !...)

Londres, surtout lorsqu'on en entreprend la conquête avec 40 élèves, se devait d'y figurer. Et pourtant. Jamais voyage scolaire ne s'était si bien profilé : aucun oubli de carte d'identité, les situations les plus irrégulières clarifiées le soir-même du départ, le passage de douanes finger in the nose (nos élèves sont là pour nous rassurer : "j'vous jure, M'dame, j'ai rien amené, j'ai tout fumé avant de partir !"), des élèves qui s'intéressent à tout, qui s'enthousiasment de voir "en vrai" ce qu'ils avaient du se contenter de voir en photo l'année d'avant, qui ne s'égarent pas, arrivent à l'heure aux rendez-vous, nous épargnent l'approfondissement de notre connaissance du système juridique ou médical britannique, sont heureux de retrouver les familles d'accueil le soir pour discuter, ne cherchent pas à faire le mur pour aller au pub, vous font la bise, le matin parce qu'ils sont (presque) contents de vous retrouver… Bref, avec tout ça, il y avait de quoi se ramollir du cerveau (ou devenir sentimentale ?). Quid de l'humour acide et des humeurs amères ?, je vous le demande.

C'était sans compter sur un détail qui nous aura échappé du début à la fin : notre transporteur. Qui arrive avec 43 places assises dans son car alors que nous sommes 46 à voyager. Qui n'hésite pas à compléter ses disques et feuilles de route tout en conduisant. Qui est capable de parler à la personne assise côté passager, en la regardant droit dans les yeux, plus de 5 secondes d'affilée, alors qu'il est sur l'autoroute. Mais qui fait des demi-tours incroyables en plein centre de Londres. Qui confond sa droite et sa gauche. Qui conduit au feeling (souvent différent de celui de son GPS, d'ailleurs). Qui m'aura fait passer deux nuits blanches complètes pendant lesquelles j'ai fait la conversation (pour être sûre qu'il ne s'endorme pas) et le copilote (pour être sûre d'arriver à peu près à l'endroit voulu à peu près au moment voulu). Mais qui fait des demi-tours incroyables en plein centre de Londres. Qui n'a pas une seule carte routière dans son car. Qu'il aura fallu piloter durant tout le séjour. Qui se trompe de boutons sur son tableau de bord et éteint ses phares (en pleine nuit) alors qu'il cherche à allumer l'alimentation du lecteur DVD. Mais qui fait des demi-tours incroyables en plein centre de Londres.

Grâce à lui, et à toutes les fois où nous nous sommes perdus (sans carte !), j'ai pu rafraîchir mes connaissances linguistiques et me confronter à une multitude d'accents extraordinaires, découvrir des prononciations insoupçonnées de roundabout ou firelight, comprendre, au bout d'un (long) moment que "go straaaahite on" n'est autre que "go straight on (go stréït on)", et que "zawaaahï" est la transcription phonétique de ce que je m'évertue à prononcer "that way (zate wèè)" à mes élèves. Mon Cambridge English Pronuncing Dictionary s'est pris une claque (et moi avec) ! Mais au moins, ça m'a dépoussiéré mes vieux souvenirs universitaires et décrassé mes connaissances livresques, c'est moi qui vous le dis !

mardi 9 septembre 2008

Tag à Da (tsouin tsouin)

En fait, le tag, il n'est pas à Da du tout, mais à Wini. C'est juste que je craignais que "Tag à Wini (tsouin tsouin)" soit plus difficile à comprendre. (Déjà que quand je n'écris pas n'importe quoi, il y en a qui ont du mal à suivre, je vous laisse imaginer si je me lance dans l'allusion de haut vol.)
Et puis, il fallait bien que je trouve de quoi entrer en matière.

Ainsi donc, je me suis ENCOOORE fait taguer (faudrait pas que ça devienne une habitude, tout de même !).

Définition des termes (rappel pour les nouveaux et ceux qui n'ont pas bien écouté la dernière fois) : un tag est une question (ou série de questions) débile(s) qui circule de blog en blog chez les gens qui n'ont rien à dire. Donc c'est le genre de chose qui ne devrait pas circuler ici, vu que si je n'ai rien à dire, je me tais. Mais bon. Qui sème le vent récolte la tempête, c'est bien connu (alors Wini, un point partout la balle au centre : j'veux plus être taguééééée !!!)…

Rappel des faits : juillet 2008 : BZH Matth me refile un tag qui ne m'inspire pas, mais alors pas du tout ; mais comme c'est BZH Matth qui me le demande, j'y réfléchis quand même (ben voui, c'est mon chouchou, et alors ?!).
août 2008 : je daigne enfin reprendre le flambeau, et en profite pour suggérer à quelques illustres bloggueurs-qui-ne-publient-pas-que-des-photos de s'y coller aussi. Entre ceux qui sont en vacances, ceux qui ne viennent plus chez moi et ceux qui font l'autruche, je n'ai vu que Wini accepter de répondre.
septembre 2008 : la vengeance de Wini…

Règles du jeu : même si je n'en ai guère compris l'intérêt intrinsèque, on me demande d'ouvrir le bouquin que je suis en train de lire à la page 123, et de recopier les phrases de la cinquième à la huitième. Remarquez que ce taxi tag-ci s'adresse à des gens lettrés (comme moi) qui lisent des livres d'au moins 123 pages, et capables de recopier quatre phrases en mentionnant éditeur, auteur, titre, année de parution et tout le toutim.
Le hic, c'est que sortie de "l'anglais au Bac Pro", "l'anglais au BEP", "l'anglais au CAP", "la grammaire de l'anglais" et "l'anglais pour les nuls", je n'ai pas beaucoup de lectures divertissantes ces temps-ci. Il m'a donc fallu plonger dans les archives.

Là, j'ai commencé à dépoussiérer fébrilement des étagères quelques livres qui m'avaient particulièrement plu. N'en relire que quatre phrases à la page 123 m'a paru tout à coup si ridiculement nul que je n'ai pas voulu m'abaisser à en citer ainsi un passage choisi par les dieux du tag. J'ai alors décidé d'ouvrir, de manière méthodique, tous les livres de l'étagère jusqu'à tomber sur Première Ligne, de Jean-Marie Laclavetine, publié en 1999 chez Gallimard, lu une première fois la même année, adoré, relu quelques années plus tard, pour me demander ce qui avait bien pu me plaire au siècle dernier. Ouvert page 123, compté jusqu'à la cinquième phrase (ce qui m'amène au milieu de la page), lu les quatre concernées, estimé le passage blogable et décidé de me relancer, un de ces jours, dans la lecture des autres pages, histoire de voir si je change d'avis sur ce bouquin de manière cyclique.

Extrait : "Juste un instant, demande Cyril. Je dois m'assurer qu'on ne s'inquiète pas. Il grimpe chez lui quatre à quatre, moins pour prévenir Anita, qui à cette heure dort à poings fermés, que pour soulager sa vessie. Comme il traverse le salon, le répondeur lui lance des appels clignotants : j'ai un message pour toi, prioritaire sur les bas organes."


Moi aussi, j'ai envie de lancer des tags débiles (oups, désolée pour le pléonasme). Tiens, par exemple : levez-vous, tournez le dos à votre ordinateur, faites dix pas, tournez à droite et décrivez ce que vous voyez.

Je peux vous garantir que chez moi, ça irait vite : au huitième pas je suis dans le mur.

lundi 1 septembre 2008

Souvenir de vacances


En ce jour un peu particulier où même ceux qui ont 15 semaines et demie de vacances par an retournent au boulot, j'avais envie de vous parler… vacances.
En bien oui, c'est comme ça. Ce matin, j'y vais à reculons, en freinant des quatre fers et j'ai des allures de cheval qu'on mène à l'abattoir. Alors autant penser à des choses agréables.

Au vu des quelques photos qui précèdent (et de toutes celles qui suivront), vous l'aurez deviné : l'été fut chaud (du point de vue climatique, n'allez pas imaginer des trucs que je n'ai pas dits non plus, rhooolala, c'est fou ce que vous avez l'esprit mal placé !). Durant mon mois d'août dans le Sud Est, j'ai pris l'initiative de faire quelques excursions sans mon guide préféré qui, lui, n'était pas en vacances. Et c'est ainsi que je me suis retrouvée sur la route menant à Orange. Ca m'a pris un peu de temps pour m'y rendre, encore plus pour y stationner. Cela dit, la commune a trouvé une méthode infaillible pour renouveler le parc automobile dans ses parkings : le prix du stationnement. A raison d'un euro la demi-heure, ça ne donne pas envie d'y rester la journée. Ainsi donc, je garai ma voiture pour la plus courte durée.

Appareil photo à l'œil (c'est bien la seule chose que j'allais avoir à l'œil en ce lieu néanmoins magnifique), je m'amusai à polariser un ciel d'une pureté saisissante et d'un bleu quasi déroutant. En route vers le théâtre antique dont je shootai les façades extérieures, je m'approchai de l'entrée, bien résolue à en franchir le portail dans le but d'aller, moi aussi, me photographier ma carte-postale-souvenir du théâtre antique d'Orange, en dépit de la durée restreinte que m'imposait mon stationnement.

Punaise, heureusement que les tarifs étaient affichés dès l'extérieur, ça m'a économisé l'énergie qu'il m'aurait fallu déployer pour monter cinq marches : 8,50€ l'entrée*, même pour ma culture, je n'ai pas pu. Tout ça pour une ruine, en plus !! J'ai donc rebroussé chemin, un peu écœurée du prix de tout dans le sud (ça fait cher le soleil, tout de même).

De retour dans ma petite voiture qui devait me ramener à mon lieu de villégiature, je me scandalisai tout à coup de voir de larges traces noires sur la chaussée, au niveau d'une voie destinée à prendre une petite route sur la gauche. Commençant à penser pis que pendre du sudiste effronté qui ne respecte rien, pas même les panneaux de direction (en moi-même, ça faisait plutôt "ils sont complètement tarés dans ce pays, ils freinent comme des malades !"), je m'aperçus alors qu'il s'agissait de la route que je devais moi-même prendre. J'ai écrasé ma pédale de frein – et je pense que j'y ai laissé un peu de la gomme de mes pneus…

PS : Celui ou celle qui a quitté la Bretagne en emportant le soleil est prié de le remettre IMMEDIATEMENT à sa place. Merci.


* Il faut savoir que sur le site de la ville, on peut voir tout ça pour pas un rond, les échafaudages en moins, ce qui ne gâche rien.

jeudi 14 août 2008

Avec moi, le tag s'arrête là

Te souvient-il, lecteur, de l'ère lointaine où ce que l'on appelait courrier véhiculait des "chaînes" ? Ces lettres que l'on te demandait de recopier et réexpédier et en contrepartie desquelles on te promettait ta place au Paradis ? Ces lettres qui te coûtaient des timbres, des enveloppes et du papier, sans compter les heures perdues et les crampes au poignet, mais qui te donnaient aussi tout le temps de te rendre compte de ta connerie, surtout quand arrivaient les lignes "renvoie ce message à sept personnes et tu vivras heureux sept ans ; si tu ne le fais pas, le malheur s'abattra sur toi et toute ta famille sur sept générations" ?

Aujourd'hui, tu n'as plus qu'à cliquer sur "transférer à tout ton carnet d'adresse" et le tour est joué ; c'est tout juste si tu prends le temps de lire ce que tu fais suivre, l'intérêt résidant uniquement dans le fait de pourrir les boîtes mails de tes contacts. On ne te promet plus le bonheur éternel (encore que !), mais on te fait miroiter richesse et prospérité proportionnelle au nombre de personnes que tu auras enquiquiné. Pour ma part, je vais continuer d'attirer sur ma descendance et moi-même les foudres d'un destin maléfique, car mon carnet d'adresse est aussi consistant qu'un mirage dans le désert de Gobi.

Ce qui est formidable, c'est que même le monde des blogs est contaminé par le phénomène avec ce que l'on y appelle un tag, sabir franglais dont je n'ai pas encore bien extrait toutes les racines, mais que nous n'avons pas hésité à verbaliser, conjuguer, participe-passer : ainsi donc, j'me suis faite taguer, j'ai été taguée. A la bonne heure !

Dans le principe encore, pourquoi pas, mais alors faut voir c'qu'on nous d'mande ! C'est la deuxième fois qu'on m'y prend, et autant pour la première, je m'étais sentie inspirée et j't'avais bouclé ça en photos, s'il te plait ; autant là, ça part trop dans tous les sens pour se donner la même peine ; et puis, il faudrait fouiller dans des archives pour y traquer l'indice, et je ne suis pas sûre d'en avoir envie. Désolée BZH Matth donc, puisque non seulement je relève le défi après la bataille, mais en plus je le fais par-dessus la jambe.

Faut dire que le questionnaire n'inspire pas la cohérence : quand tu lis les feuilles de réponses des candidats, tu as l'impression qu'ils n'ont aucune suite dans les idées. Qu'on se le dise tout de go : le tag auquel je vais participer est d'une nullité assez affligeante, mais pour faire honneur à celui qui m'a élue, je m'en vais jouer le je(u).

Il y a dix ans… ben autant te dire tout de suite que j'avais dix ans de moins et que j'étudiais le parcours pour devenir ce que je suis devenue dix ans plus tard.

5 endroits où j'ai vécu : pourquoi diable faudrait-il que j'aie vécu dans cinq endroits différents ? J'ai jamais dit que dix ans plus tôt, je voulais être globe-trotteur !

Cela dit, si je n'ai vécu que dans trois régions différentes (la Dordogne, Bordeaux et la Bretagne), c'est quand même le septième toit que j'ai sur la tête. Maintenant, je ne suis pas convaincue que la curiosité du lecteur soit affûtée au point de vouloir connaître les détails (en revanche, le lecteur fidèle sait déjà que je viens de déménager en face de mon ancien chez moi, et que je pourrais re-déménager d'ici une bonne année dans un chez-moi un peu plus définitif).

3 plats que j'adore : alors là, ça me coupe le souffle : faudrait avoir vécu dans 5 endroits différents, mais se limiter à trois spécialités culinaires ?! Pour ma part, je préfère de loin manger à déménager, et des plats que j'adore, je pourrais t'en faire un livre de recettes ! Tiens, ben rien que pour te donner un peu l'eau à la bouche, lecteur chéri, j'm'en vais te poster une photo de clafoutis à l'abricot et à la lavande que j'ai faits le week-end dernier (j'ai fait le clafoutis ET la photo !) et qui était vraiment trooooooop bon (merci à ma grande sœur pour la recette :-))

5 choses que j'ai faites aujourd'hui :

- ben… répondre à ce questionnaire, déjà, et mine de rien, ça t'occupe le cerveau et les mains un petit moment !

- post-traité, encadré et signé la photo qui va te donner faim au point que tu vas me supplier de t'inviter chez moi pour le goûter...

- dormi, oui oui, tu as bien lu, j'ai fait une sieste monumentale, comme si j'étais fatiguée d'être en vacances

(zutalor, ne me dis pas que je n'ai fait que trois trucs aujourd'hui, sinon je ne vais pas pouvoir répondre à une seule question correctement, et je vais être recalée)

donc…qu'est-ce que j'ai bien pu faire aujourd'hui… ah oui ! J'ai aussi :

- écrit des mails

- visité les blogs que j'aime bien et même parfois, laissé des commentaires pour dire à leur auteur que j'apprécie ce que je trouve chez eux : la classe, non ?

(yes ! j'ai fait 5 choses aujourd'hui !!)

Et puis, dernière question,... tintiiiiiin : ce que je ferAI si j'étais riche ?!!

Là, je t'arrête, ami lecteur, car il y a une incohérence temporelle. En effet : soit c'est ce que je ferAI quand je SERAI riche (ce qui suppose donc que je serai riche un jour, ce qui, en soi, ne me déplairait pas, mais que je ne sens pas vraiment bien parti), soit c'est ce que je ferAIS si j'ETAIS riche (mais que je ne fais pas du fait que je ne le suis pas)…

[Et oui, je dis stop à la faute de grammaire véhiculée sans complexe de blog en blog]

Et bien, figure-toi que pour connaître la réponse à cette question, je vais te faire voyager, cher lecteur, chez Kitsie, même, et à ce billet-ci en particulier, parce qu'elle avait posé la question avant ce tag et que j'y avais répondu de bon cœur.

Et voilà, maintenant tu sais tout.

En fait, tu ne sais rien de plus sur moi que tu ne savais déjà avant de lire ce billet, sauf peut-être que je me suis mise au clafoutis à l'abricot (alors que jusque-là, tu ne connaissais que la charlotte aux deux chocolats, le fraisier made by myself et les cornes de gazelle). Mais moi au moins, je peux dormir sur mes deux oreilles (même si je dois dire que c'est super inconfortable), car j'ai accompli ma mission bloguienne !!

Par contre, comme je ne suis pas du genre à balancer des patates, chaudes de surcroît, sur mes invités, mais plutôt du genre à leur passer le plat pour qu'ils se servent eux-mêmes, je ne montrerai personne du doigt pour poursuivre cet abomitag. Pas même ceux qui écrivent (parce que ceux qui ne postent que des photos, ils ont une excuse toute trouvée)... tu sais, des gens comme Wini, Morcheeba, CPEchou, Barnabé ou bien d'autres encore...

vendredi 4 juillet 2008

Français langue étrangère : ils sont fous ces Anglais

... ou "le massacre des piétons et du sujet du Bac Pro"


Lecture transversale du texte* par les candidats 2008 (avec quelques pensées personnelles entre parenthèses).

* Pour les non-anglicistes, le texte portait sur la suppression de barrières de sécurité initialement installées sur les trottoirs londoniens et qui visaient à protéger les piétons de la circulation ; l'expérience a montré qu'il y avait finalement moins d'accidents sans les barrières, qui donnaient un faux sentiment de sécurité aux piétons et aux automobilistes.

En avril 2006, les marcheurs londoniens ont été sensibilisés à ne pas escalader la circulation (le marcheur londonien a une âme d'alpiniste) mais encouragés à grimper par-dessus les croisements de la route (même remarque que précédemment).
En effet, les barrières visant à protéger les piétons dans la rue principale de Kensington ont été supprimées à cause des injures et autres problèmes : elles gênaient notamment les étudiants lorsqu'ils voulaient faire du cross (le cross urbain est très répandu à Londres, c'est bien connu).
Les barrières encourageaient les gens à passer par-dessus la route (sans doute en Fosbury), et les obligeaient à faire une croix sur la route (pratique, n'est-ce pas ?), les forçant à traverser dans ces pointes (heinhum perplexe). Les piétons étaient alors forcés de se ramasser (à la pelle, sans aucun doute).

Bref, ces barrières, qui encourageaient à prendre à contre-sens (prendre quoi ? on ne saurait dire), ce qui donnait l'existence de mort ou de blessé (avouez qu'on comprend mieux la nécessité d'enlever ces barrières), ont été supprimées dans un quartier de Londres afin que les piétons deviennent plus aware à la circulation (merci Jean-Claude).
L'expérience s'est avérée très positive, car le nombre de victimes s'est accentué (ça règle les problèmes de surpopulation, c'est chic), et la mort des piétons a ralenti rapidement (quel magnifique oxymore!). Beaucoup de gens ont pu alors être poussés sur la route (sadiques, les Anglais ?), et encouragés à être tués ou insultés (nous voilà bien rassurés quant à la santé mentale de nos amis d'outre-Manche).
Cela dit, l'expérience est tombée brusquement quand les grilles ont été enlevées (tu m'étonnes…) et la population a admis le favoritisme de la marche (y en a qui sont bien vus quand même). Une baisse de 3% s'est alors fait ressentir dans le quartier (le 3%, c'est un peu comme la marée, ça monte et ça descend).
L'expérience, déjà lancée dans les Pays du Bas (par opposition à ceux du haut, évidemment !), consiste a que les voitures, les cyclistes et les piétons coexiste le plus rarement (ah que c'est beau la langue française, quand même).

Ils improuvent les conducteurs et les piétons qui grilles les feux de la route (deuxième heinhum perplexe… improuver ?… les piétons qui grillent avec un s des feux de la route… ils font des excès de vitesse, aussi ?). Les informations sont au contact des yeux pour que l'on ne puissent pas les loupers (ça, c'est clair) et les piétons devront être plus patient et ne pas courir au milieu du trafic (sportifs et amoureux du risque, ces londoniens).

Ce concept consiste à mélanger les voitures, les vélos et les piétons. Il n'y a plus de panneau de circulation, il n'y a plus de trottoir, il n'y a plus de règle dans ce quartier (bref, c'est la jungle).

Fin des questions de compréhension (ouf !). Vous n'avez rien compris ? Et bien, dites-vous que moi non plus, et que j'ai souffert avec mes 45 copies de mercredi.
Dans toute année scolaire, il y a des temps forts : celui de la correction du bac est de loin le plus riche.

Pour finir et parce que, lecteurs, je vous aime, je vous propose la plus belle production écrite du lot :

"I'm travel in Allemagny and I'm visit the gare, but two days lather, she has explosed. A Almand in the street has try my bagage, but a other Almand catch up the voleur. There is a lot of vehicul in Allemagny and there are the police have every corne of street, so the circulation isn't more speed."

Prof d'anglais, quel beau métier !

lundi 16 juin 2008

Déménagement, Acte III : France Teleconne

Pour ce titre, j'hésitais entre France Tétroconne, France Teledéconne ou France Teleconne. Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse… Tu parles, Charles (même si, en l'occurrence, c'est Alfred qui le dit… Et ne me demandez pas pourquoi cette situation m'inspire poétiquement, sans doute une manière pour moi d'évacuer le stress…)

Là, l'ivresse, si elle doit être proportionnelle au nombre de fois par jour où je lâche un "ça me saoule" désespéré, est grande.

Pour vous narrer cette nouvelle aventure épique, j'imagine une assemblée aux accents alcooliques et anonymes qui réunirait France Teleconneurs et neuses autour du même thème : vouloir en finir avec les insultes de clients exaspérés.

(elle) - Bonjour, je m'appelle Anaïs, et je travaille à France Teleconne.
(tous) - Bonjour Anaïs.
(elle) - Voilà, aujourd'hui encore, je me suis faite insulter par une cliente qui, après avoir été privée de téléphone pendant dix jours parce que nous avions oublié de brancher sa ligne mais que nous lui soutenions le contraire, n'a pas accès à Internet à cause de nous.
(un teleconneur) - Et comment savez-vous que vous en êtes responsable ?
(elle) - C'est simple : elle dit avoir mené deux jours de lutte acharnée avec son FAI pour déterminer l'origine du problème – ce que je veux bien croire, vu comme elle semblait énervée. Ils ont essayé de gagner du temps (enfin, à elle, ça lui en a fait perdre) en lui faisant revoir tous ses branchements. Mais elle s'est accrochée, la bougresse, et de demi-heure d'attente en demi-heure d'attente, elle a fini par les avoir : ils ont fait un diagnostique de sa ligne. Et c'est là que ça nous retombe sur le dos : le problème vient de sa ligne analogique, pas de son fournisseur.
(un autre teleconneur) - Ah… Et comment avez-vous réagi ?
(elle) - J'ai trouvé que sa ligne grésillait, je lui ai dit que j'allais tester son installation. D'abord avec son appareil téléphonique branché, puis sans aucun appareil et enfin avec un appareil filaire. J'ai voulu lui faire croire que le problème venait de ses prises. Elle n'a pas vraiment voulu me croire.
(tous) - ??
(elle, les larmes aux yeux) - Elle s'est un peu emballée : "Non mais vous me prenez pour une conne ? De tout l'immeuble, alors que nous avons tous la même installation, je serais la seule à avoir des prises pourries qui ne me permettraient pas d'avoir accès à Internet ? Ils font comment, mes voisins, pour avoir Internet ? Ils mettent les doigts dans les prises ? Ils se branchent sur le micro-onde ?" Et puis là, elle m'a resservi le coup de sa ligne qu'on avait omis de brancher un mois plus tôt en prétextant le contraire. J'ai craqué…
(un teleconneur, anxieux) - Qu'avez-vous fait ?
(elle, en pleurs) - Je lui ai envoyé un technicien…

Bon, je n'y crois pas trop, à la culpabilité du téléconneur. N'empêche qu'ils doivent quand même s'en prendre plein la tête, vu leur incapacité à faire leur travail correctement.
Le technicien, il s'est pointé ce matin. Et il m'a remis ça, avec son histoire de prises. Sauf qu'il a pu en faire l'expérience lui-même : le problème venait d'ailleurs. Du central, par exemple. Où le technicien précédent avait oublié de brancher un fil…

mardi 27 mai 2008

En passant...

Les jours passent. Internet at home n'est plus qu'un lointain souvenir, et je jongle entre le pc du lycée pour consulter mes mails (dont vos commentaires) sans pouvoir y répondre, et le portable sur le parking du MacDo. Avec un petit peu de temps et beaucoup d'organisation, c'est jouable, à défaut d'être satisfaisant.
Mais du temps, je n'en aurai plus jusqu'à la semaine prochaine. A la place, je vais voir défiler des kilomètres et des candidats à l'oral d'anglais, de sauvages assassins de la langue de Shakespeare qui font, eux aussi, beaucoup de bruit pour rien. Qu'à cela ne tienne, cette année je serai armée de mon thermos de café et de quelques morceaux de sucre pour ne pas risquer de tourner de l'œil à l'entrée du douzième candidat de la matinée, sans pause d'aucune sorte – certains établissement savent prendre soin de leur personnel en vous mitonnant des plannings du chef aux petits oignons, et croyez-moi, ce n'est pas toujours facile à digérer.
Bref, tout ça pour dire à mes fidèles commentateurs que si je ne réponds pas, ce n'est pas que je boude ni que je les snobe, mais juste que je suis dans l'impossibilité de le faire. Et si je feinte en demandant à Blogger d'envoyer des photos à ma place pendant mon absence, c'est juste pour pouvoir me dire "tiens, ça a changé ici" à mon retour.

mercredi 14 mai 2008

Déménagement, Acte II : tout s'apprend, en deux temps trois mouvements (mais surtout en deux temps)

Heureusement que Dame Nature a été clémente avec moi en me dotant d'une chevelure châtain claire, car si j'avais été blonde, nul ne sait ce qui aurait pu se passer…

J'étais très fière d'être arrivée à bout du branchement de mon lave-linge, après de longs efforts de contorsion. Remarquez que les robinets d'arrivée d'eau sont toujours très bien cachés derrière les tiroirs les plus étroits du meuble de salle de bain. Et que lorsque vous avez ma chance, la longueur du tuyau, compte tenu de la distance à parcourir, est à peine suffisante pour aller de la machine au robinet. Et que vous choisissez la journée la plus chaude de l'année pour vous livrer à ce genre d'activité… Enfin bref, le tuyau vissé, l'évacuation d'eau raccordée, la machine branchée et calée au millimètre pour ne pas risquer d'arracher toute la plomberie, je pousse un soupir de soulagement que même mes voisins du troisième ont du entendre. C'est à ce moment que je me souviens que j'avais soigneusement placé au dos de la machine les quatre grosses vis destinées à bloquer le tambour pendant le déménagement. Le "oh non" qui a suivi, je pense que mes anciens voisins de l'immeuble d'en face ont du l'entendre…

Il y a eu des événements plus minimes tout de même. Comme le bouchon de la baignoire - en sabot, soit dit en passant, et en émail tellement usé que ce n'est plus de l'émail, c'est tout granuleux et si tu frottes trop fort avec une éponge, ça t'abîme l'éponge sans t'enlever les taches. Le bouchon avait du subir les mêmes ravages du temps (et devait dater de la même époque : celle d'origine) : son caractère poreux en cours d'effritement donnait à l'eau une couleur noire, à laquelle se serait joint le orange de la rouille de la chaînette si j'avais laissé monter le niveau d'eau. Bref, un changement s'imposait si je voulais laisser barboter mes filles sans qu'elles changent à leur tour de couleur. Parce que je ne suis pas blonde, quand même, j'avais pris soin de mesurer l'ancien bouchon avant de me rendre dans mon magasin de bricolage préféré. Mais parce que je suis châtain clair sans doute, je n'avais pas mesuré le bon côté du bouchon et il manquait sept millimètres de diamètre…

Le plus gros morceau de bravoure fut la gazinière. Là, au risque de heurter vos délicats neurones et vos âmes sensibles, j'en ai chié.
D'abord parce qu'il a fallu changer le tuyau de gaz, trop court (pas de bol, ici, toutes les arrivées d'eau, de gaz, etc. sont sensiblement éloignées des appareils ménagers qu'on y raccorde). Même avec deux mètres de tuyau, pas un millimètre de jeu. Sans compter que celui qui a conçu la cuisine aménagée dont j'ai hérité devait être un sacré sadique. Non seulement il ne pouvait pas mettre le robinet de gaz plus loin, mais en plus il ne pouvait pas le rendre plus difficile d'accès, coincé entre le bac de l'évier et la paroi du placard. Mais j'ai vaincu. Ce qui m'a permis d'avoir le gaz… mais pas le four, qui est électrique, lui.
C'est donc là qu'arrive le "Ensuite". Ben ensuite, gros stress : pas de prise de cuisson visible à l'œil nu dans la cuisine. Fâcheux. Rien qui ne ressemble à ce que j'avais dans mon ancien appart. Et la désapprobation stricte du vendeur-du-rayon-électricité de mon magasin de bricolage préféré face à mon intention de brancher mon four comme mon grille-pain.
Ce n'est pas que je commençais à m'énerver, mais la patience venant à me manquer, j'ai démonté tout ce qui pouvait se démonter dans la partie basse de ma cuisine aménagée, pour finalement découvrir une prise aussi ancestrale que la baignoire, mais qui ferait l'affaire. Restait plus qu'à monter son coréllaire mâle au bout des fils de ma gazinière… Un vrai jeu d'enfant !
Me voilà donc repartie dans mon magasin de bricolage préféré. Une première fois. Pour constater que le 20 et le 32 ampères, ce n'est pas tout à fait la même taille et qu'il serait bon de vérifier ce dont j'ai besoin avant d'acheter quoi que ce soit. Une deuxième fois. Pour choisir entre la prise droite ou la coudée. Une troisième fois. Pour rapporter la coudée parce qu'elle ne passe pas sous la planche du fond du placard.
Le tout sans perdre une once de mon enthousiasme et/ou de mon courage.
C'est donc toute guillerette que je reviens avec ZE prise. Que j'essaye de glisser sous la planche. Et qu'elle veut pas passer, la sal…. Si j'avais eu le marteau à portée de main, je crois que j'aurais défoncé la planche ; mais recroquevillée dans mon placard, l'amplitude de mes mouvements était suffisamment limitée pour que je ne me risque à aucun mouvement de colère. J'imagine alors un subterfuge de folie pour tourner le cache dans l'autre sens et me permettre ainsi de faire passer la prise et les fils. Rassérénée, je ressors de mon placard et m'installe confortablement sur le plateau de la gazinière, armée de ma pince coupante, ma pince à dénuder et mon tournevis. Là, parce que je ne suis pas blonde, je pense bien à glisser le cache sur le fil AVANT de monter la prise (bah oui, parce qu'après, c'est foutu). Je suis trop fière de mon génie, et je monte ma prise avec un soin démesuré. Quand tout est fini (soit une bonne vingtaine de minutes plus tard, tout de même) je prends la mesure de ce que c'est que d'être châtain clair : comment fait-on pour passer un éléphant dans un trou de souris, ou, en l'occurrence, comment vais-je faire passer dans un trou de 2 cm une prise qui en fait 6 ? Autant dire qu'il m'a fallu tout redémonter et recommencer à moitié couchée dans mon placard.
Après tout ça, soit il fallait que ça marche, soit j'explosais toute la cuisine.
A priori, ça marche.

PS : mon cher opérateur téléphonique a fait tout ce qu'il fallait pour que je n'aie pas le téléphone chez moi... Alors je n'ose même pas imaginer quand je retrouverai Internet, et à quel prix !! En attendant, merci McDo...

dimanche 4 mai 2008

Déménagement, Acte I : Javel et Sanytol sont mes amis

Avouez que vous n'en pouviez plus de ne pas savoir où j'en étais de mon déménagement. Vos nombreux mails de soutien, réconfort et interrogations anxieuses (es-tu enfermée dans un carton scotché ?) vous ont trahi. Peu importe.
Résumé de ce que vous avez raté :

Mercredi : récupération des clés, état des lieux. Me suis demandé si j'avais les yeux fermés lors de ma première visite avant de signer le bail. Le temps d'acheter de la Javel en bidon de cinq litres et début de décrassage de la salle de bain. J'y passe le reste de la journée. La ligne de démarcation grisâtre à environ 1,80m du sol matérialise le passage de l'éponge en deçà de cette limite et toute l'énergie dépensée.

Jeudi : pendant que deux âmes charitables m'aident à transporter mes cartons (Balzac compte un nouveau détracteur et une fois de plus, on regrette que je ne sois pas strip-teaseuse, mais on se félicite que je ne sois pas haltérophile), je pars en croisade dans la cuisine. Après les restes de cheveux et d'ongles de la veille, je m'attaque aux miettes, dégoulinures et autres taches de mes prédécesseurs (et des autres, probablement, compte tenu du degré d'incrustation). Un tiers des murs de la cuisine est lessivé, mais moi je le suis totalement.

Vendredi : reprise du décrassage des murs de la cuisine là où je l'avais laissé. Pas vu un p***** de clou enfoncé dans le mur et dans lequel je m'explose vigoureusement un pouce. La douleur est proportionnelle au désespoir qui m'a saisie depuis deux jours face à l'ampleur de la tâche. Difficile de retrouver une bouteille de désinfectant et une boîte de pansements dans mes cartons… Pas très attirée par la couleur hémoglobine, je file à la pharmacie. Arrivée d'une nouvelle âme charitable pour m'aider à poursuivre.

Samedi : va-et-vient réguliers entre le futur ancien et le futur prochain appartement ; on ne sait plus très bien où l'on habite ; l'expression "à la maison" perd tout son sens. Pas de nouvelles des déménageurs officiels, ceux qui sont censés transférer pour de vrai la fin du mobilier la semaine prochaine. Ca s'annonce bien.
Passage au Brico du coin pour s'armer du super scotch magique qui répare tout et surtout qui empêchera une de mes filles d'aller s'entamer un doigt sur le carreau cassé de la fenêtre de sa chambre, achat de moquette premier prix pour couvrir le lino avant-premier prix qui s'arrache dès qu'on pose un pied dessus, métrage précis du salon afin d'anticiper la pose des meubles car à moins d'une avarie dans le transport final, je perds trois mètres carrés de surface mais pas de meubles.

Aujourd'hui dimanche : jour du Seigneur, priez pour nous…


***

Ca ne s'est pas vu, mais je remercie très très chaleureusement les quelques personnes que j'ai épuisées ces derniers jours, sans qui je ne m'en serais jamais sortie et qui, en dépit des différends qui ont pu nous opposer, ont été les seules sur qui j'ai pu compter en ces temps difficiles pour moi. (notez le record d'emploi du pronom relatif dans la même phrase...)

mardi 29 avril 2008

Scotchée

(attitude fort à propos, vous en conviendrez)

Quel ne fut pas mon étonnement en découvrant que mon compteur journalier était au bord de l'apoplexie ce soir : jamais, depuis l'ouverture de ce blog, il n'avait été autant sollicité dans une même journée. Mon mouchard me révéla que toutes ces brebis égarées étaient en provenance d'une même bergerie.
De faire le chemin inverse pour en savoir plus sur ce site inconnu.
Et de découvrir cet article.
Je me DEVAIS de proposer un siège à ceux qui s'aventureraient ici. Pour qui aime la simplicité, le calme et l'absence de prétention, vous vous y plairez. Celles et ceux qui croyaient y croiser Shakespeare devront rebrousser chemin. En tout état de cause, merci à Mry.